Un homme regarde par la fenêtre de sa maison endommagée après des frappes israélo-américaines à Téhéran, le 7 avril 2026 ( AFP / - )
Donald Trump a menacé mardi, à quelques heures de la fin d'un ultimatum donné à l'Iran, d'éradiquer "une civilisation entière" pendant que, sans attendre, Israël et les Etats-Unis pilonnaient les infrastructures de la République islamique.
Au 39e jour de la guerre au Moyen-orient, déclenchée par une attaque conjointe israélo-américaine contre l'Iran, des ponts, des voies ferrées et une autoroute ont été pris pour cibles dans ce pays.
Le président des Etats-Unis a donné jusqu'à 20h00 de Washington (minuit GMT) à l'Iran pour débloquer la navigation dans le détroit d'Ormuz, crucial pour l'approvisionnement pétrolier de la planète.
"Une civilisation entière va mourir ce soir", a asséné le milliardaire républicain, ajoutant: "Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas."
Son vice-président JD Vance s'est toutefois dit "optimiste quant au fait qu'on parvienne à une bonne issue". Mais les Iraniens "doivent savoir que nous avons des outils dans notre arsenal que, jusqu'ici, nous n'avons pas décidé d'utiliser", a-t-il prévenu.
Des propos qui, selon une publication d'un compte lié à l'ancienne candidate démocrate Kamala Harris, laissent entendre un éventuel usage de l'arme nucléaire par les Etats-Unis.
La Maison Blanche a vertement démenti : "Rien de ce que dit le vice-président ici ne +laisse entendre+ cela, bande d'énormes bouffons", a-t-elle répliqué sur X.
Donald Trump est "seul" à savoir "ce qu'il va faire" en Iran, a déclaré dans le même temps sa porte-parole Karoline Leavitt.
- Frappes à Kharg -
Des secouristes déblaient des décombres après des frappes israélo-américaines qui, selon les médias locaux, ont détruit la synagogue Rafi-Nia et des immeubles résidentiels à Téhéran, le 7 avril 2026 ( AFP / - )
Deux ponts, routier et ferroviaire, ont été touchés au sud de Téhéran, faisant deux morts, et une autoroute a été fermée dans le nord du pays après une attaque, d'après la presse iranienne.
Des liaisons ferroviaires ont été annulées après que l'armée israélienne a exhorté les Iraniens à s'abstenir de voyager en train jusqu'à 17H30 GMT.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a rappelé que cibler les infrastructures civiles était "un crime de guerre".
Israël, qui a dit vouloir "intensifier les dommages causés au régime" iranien, a indiqué avoir mené des frappes contre des voies ferrées et des ponts utilisés par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.
Dans le Golfe, des frappes ont visé l'île de Kharg, point névralgique de l'industrie pétrolière iranienne, selon l'agence de presse iranienne Mehr.
Kharg assure environ 90% des exportations de brut iranien et le cours du baril de pétrole américain WTI a grimpé de près de 3% après cette information, à près de 115 dollars.
Des bombardements ont en outre visé la province d'Alboz (nord), selon des médias locaux. Dix-huit personnes ont été tuées, dont deux enfants.
- "Terrifiée" -
A Téhéran, les Iraniens semblent partagés entre la peur et une certaine indifférence face aux avertissements du président américain.
"Pour nous, la guerre n’est pas seulement une Une ou une analyse politique, c’est l’effondrement de la vie (...) Votre guerre est notre cauchemar nocturne", a témoigné sur X la journaliste iranienne Elaheh Mohammadi.
Un drapeau iranien dans les décombres d’un bâtiment effondré, à côté d’un graffiti portant l’inscription « #NoKing », après des frappes contre l’Université de technologie Sharif à Téhéran, le 7 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
Morteza Hamidi, retraité de 62 ans, balaye le nouvel ultimatum: Donald Trump "a changé les dates tellement de fois que nous sommes désormais insensibles à ses menaces".
Pour Amir, un Téhéranais de 40 ans, les gens "sont inquiets" mais "disent aussi que s’ils frappent les infrastructures, il faudra supporter, parce que si le régime islamique reste, ils commenceront à nous tuer dès le lendemain".
Les Gardiens de la Révolution ont de leur côté menacé de mener des actions contre des infrastructures qui "priveront les Etats-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz de la région pendant des années".
- 2 millions -
Les appels à trouver une issue diplomatique se multiplient, alors que l'Iran et les Etats-Unis ont rejeté une proposition de cessez-le feu de 45 jours avancée par plusieurs pays.
D'après l'agence de presse iranienne Irna, Téhéran exige "la fin des conflits dans la région, un protocole pour le passage sécurisé à travers le détroit d'Ormuz", ainsi que "la reconstruction et la levée des sanctions".
L’Iran serait prêt en échange à lever le blocus du détroit d'Ormuz, en imposant un droit de passage de 2 millions de dollars par navire, qui serait partagé avec le sultanat d'Oman, a écrit le New York Times.
L'Iran continue de frapper quotidiennement les pays du Golfe accusés d'aider les Etats-Unis. Dans l'est de l'Arabie saoudite, le complexe pétrochimique géant de Jubail a été touché, quelques heures après que des installations similaires en Iran ont été frappées.
Au Liban, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, le bilan des frappes israéliennes depuis le 2 mars dépasse les 1.500 morts.
L'armée israélienne a appelé mardi soir tous les bateaux à évacuer le littoral du sud du Liban en prévision d'une opération militaire contre le Hezbollah.

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